Carnet de Bord - mai/juin/juillet 2005 - Enseignements
En 1992, CDK Technologies avait construit deux des monocoques du Vendée Globe : Bagages Superior pour Alain Gautier (vainqueur de cette édition) et Sofap-Helvim pour Jean-Luc Van Den Heede (deuxième de cette édition). Les deux bateaux marquaient une approche architecturale radicalement différente puisque le plan du Groupe Finot se caractérisait par une largeur importante du maître-bau (5.80 m) jusqu’au tableau arrière tandis que le dessin du cabinet Harlé- Mortain était très etroit (3,74 m). Les philosophies indiquaient la différence d’appréciation d’un tour du monde puisque 'la pelle à feu' d’Alain Gautier visait les performances aux allures débridées avec une grosse puissance tandis que le 'cigare rouge' privilégiait la facilité de manoeuvre et la vitesse associées à une grande stabilité de route au portant. Notons que lors de cette édition 1992, ils étaient parmi les seuls à adopter l’un, un gréement de ketch, I’autre un gréement de yawl pour diviser le plan de voilure et augmenter la surface au vent de travers.

À l’époque. ces bateaux étaient réalisés en mousse PVC et fibres de verre avec quelques renforts carbone. Les techniques de fabrication étaient éprouvées car c’était seulement la seconde édition du Vendée Globe et tous les skippers cherchaient à gagner un cran en performances mais n’oubliaient pas que leurs connaissances du Grand Sud étaient encore limitées : ils voulaient des bateaux sûrs, fiables et robustes et n’imaginaient pas pousser leurs montures à 100% tout le temps, même dans la grosse mer.

Au fil des éditions, l’aventure autour du monde s’est transformée en régate planétaire et l’expérience des solitaires, pour beaucoup venant du Figaro, les a incité à élever très sensiblement le rythme de la course, donc les efforts encaissés par les bateaux.


Ainsi, les quilles pendulaires sont désormais plus sollicitées en raison du poids du bulbe qui est déporté avec, en sus, plus de puissance du bateau et des performances de monocoque qui ont sensiblement grimpé avec des skippers qui tirent plus sur le matériel en raison de l’âpreté de la compétition. Il y a ainsi des efforts en dynamique difficiles à appréhender lorsqu’un voilier à quille pendulaire se met en travers de la route par gosse mer... Un problème similaire avait été constaté sur les Class America qui viraient très court : le bulbe continuait à aller tout droit avant de revenir brutalement dans l’axe de la quille.

En terme de construction. la nouvelle génération de monocoques du Vendée Globe utilise des sandwichs Nomex-carbone pré-imprégnés pour gagner des kilos, au point qu’ils sont plus légers de 20 à 25 % en poids de coque uniquement par rapport aux voiliers de 1992, pour un potentiel plus élevé : plus de surface de toile. quille pendulaire, appendices affinés... mais le coefficient de sécurité est nettement moins multiplié qu’il y a douze ans. Tous les efforts sont plus importants mais tous ont été calculés beaucoup plus précisément : les avaries sur les bateaux de tête ont d’ailleurs été très limitées lors de cette dernière édition.

Le chantier CDK Technologies a réalisé en 2000 et de nouveau en 2004, le mât et la bôme de PRB, puis les outriggers, le mât et la bôme de Bonduelle et de Sill & Veolia ainsi que le mât de VML en 2004.